Who made your accessories ?

Posté par: Aurelie J. Dans: Inside Le:

 

Allez venez, on fait la Fashion Revolution !

 

Who Made Your Accessories?

Il y a un mois, on participait à la Fashion Revolution Week de Paris. On était notamment aux Grands Voisins le 27 avril pour un échange hyper intéressant sur pourquoi et comment les marques de mode s’engagent en faveur d’une industrie plus éthique.

Un mois déjà ! On n’a même pas pris le temps de vous raconter… Alors on se rattrape vite aujourd’hui car cette révolution nous tient profondément à cœur.

 

La Fashion Revolution, vous vous rappelez ? Ce mouvement né suite à l’effondrement en 2013 au Bengladesh d’un bâtiment, le Rana Plaza, qui abritait des ateliers de confection pour l’industrie de la fast fashion, milite depuis pour une réforme en profondeur de l’industrie de la mode, et incite chacun d’entre nous à s’interroger sur les impacts de sa consommation sur l’homme et l’environnement. Car de nouvelles façons de produire et consommer la mode sont possibles. C’est pour ça qu’il faut en parler.

Regardez : aujourd’hui, il parait évident de se demander d’où viennent les fruits et les légumes que nous mangeons. C’est tout aussi naturel d’exiger que les agriculteurs soient payés au prix juste. Alors pourquoi on ne ferait pas pareil avec la mode ?

Vu comme ça, ça tombe sous le sens.

 

Concrètement, ça veut dire quoi pour Rive Droite Paris de faire la Fashion Revolution?

 

1. Choisir des matières qui existent déjà et les recycler : c’est ça l’éco-conception

On vous a déjà raconté à plusieurs reprises ici que nous utilisons des matières qui existent déjà sur le marché : du coton que nous recyclons, des chutes de production de denim, des fins de stocks de tissus. En gros, la ligne de conduite qu’on s’est fixée c’est qu’on ne fait produire aucun tissu pour créer nos sacs et accessoires.

Si besoin d'une petite session de rattrapage, c'est par ici.

 

2. Respecter les hommes et leurs conditions de travail

Ca aussi c’est fondamental pour nous, évidemment.

On a notre propre atelier dans lequel travaillent Said et Ahmed. Said, c’est notre super modéliste, qui réalise les patrons de tous nos modèles. Il est hyper fort car dès que Sofia lui parle d’un nouveau modèle, il répond ‘oui bien sûr je sais le faire’. Elle n’a pas encore réussi à le coincer. A ses côtés, il y a Ahmed qui est en charge de la coupe de tous les tissus. Et ce n’est pas une mince affaire car quand on fait de l’éco-conception, aucun tissu qu’on achète n’a la même taille, il faut tout trier, recalibrer, couper… bref tout préparer pour le montage.

Et puis il y a bien sûr les nombreux couturiers indépendants que nous fédérons, et qui confectionnent toutes vos commandes. Avec eux, le système est simple : on les intègre à un plan de production annuel pour leur donner de la visibilité sur le long terme, on les paie à la commande, ils sont indépendants et travaillent en free-lance. Nous leur donnons le statut d’auto-entrepreneur ce qui leur donne une réelle indépendance financière, et une protection sociale.

A tous, on garantit un salaire juste, qui leur permet de vivre décemment à Casablanca.

Pour tous, on respecte la durée légale du travail.

Ca parait évident, mais ce n’est pas forcément la norme.

 

3. Développer l’économie locale de Casablanca, une ville à laquelle on est très attachées

Yasmine et Sofia vivent à Casablanca depuis longtemps. Leurs enfants y sont nés, y ont fait leur premiers pas… On y a installé notre atelier. Forcément ça crée un lien particulier. Cette ville on l’aime, et on est contentes de se dire qu’avec Rive Droite, on contribue, à notre échelle bien sûr, à enrichir le tissu économique local, à faire en sorte que des couturiers, qui pour certains ont perdu leur emploi suite à la délocalisation d’usines en Asie, retrouvent un job régulier avec nous.

 

4. Un prix juste

Chez nous : pas d’intermédiaires superflus, pas de budget marketing, des marges raisonnables. Notre combat, c’est que l’éco-conception devienne le nouveau standard de la mode et du lifestyle. Et on y croit dur comme fer ! Mais pour le gagner, il faut que nos prix soient raisonnables. Et c’est le cas : un sac week-end à 75€, une trousse de toilette en coton recyclé à 39€, par exemple, ça nous parait raisonnable.

 

5. Etre réaliste et transparent

On est loin de prétendre que tout est parfait. Ce ne serait pas honnête de le dire. Mais on fait de notre mieux.

On a nos limites, bien sûr. Par exemple, le délavage de nos chutes de jeans, même s'il est réalisé sans produit chimique dans une usine qui respecte les standards internationaux de qualité, reste un procédé consommateur d'eau. Les pochettes d’emballage de nos produits ne sont pas en coton biologique, mais elles peuvent être réutilisées aussi longtemps que possible. Nos teintures ne sont pas d’origine végétale (mais elles sont certifiées par des labels textiles internationaux). Ok, c'est vrai.

Malgré tout, on a préféré se dire que ce qui compte c’est d’avancer, petit à petit. Et mettre notre pierre à l’édifice. Car si on devait attendre que tout soit parfait, on ne ferait jamais rien. Et on est beaucoup trop hyperactives pour ça.

 

Alors on fait la révolution, à notre façon, et ça nous va bien !